Voyager, séduire, appréhender l’inconnu, prendre des risques… De Don Quichotte à Robinson Crusoé en passant par Jane Bennet, les aventures nourrissent l’univers littéraire.

Sur terre, en mer ou dans la Lune, L’Allume-Feu en dessinera les contours et en explorera le cœur.

Pour contribuer, envoyez vos textes à l’adresse : contact@revue-allumefeu.com

Les conditions de participation

 

Date limite d’envoi des textes : dimanche 13 septembre 2020, minuit.

À vos plumes !

Imprévues, Année 1 !

Organiser un weekend festif autour de jeunes revues indépendantes papier, jamais fait ?

L’Allume-Feu invite une vingtaine de revues amies pour célébrer l’édition qui défriche, qui ose, passionnée. Au menu : érotisme, foot, culture, confiture, vie alternative et architecture… Face aux grandes maisons d’édition, à l’ère de la toile et des pixels, la revue papier reste un territoire d’expérimentation libre et acharné.

Éditeurs, auteurs, illustrateurs, libraires et lecteurs : rendez-vous à La Générale les 2 et 3 novembre !

Ça se passe où ?
La Générale Nord-Est
14 avenue Parmentier
75011 Paris

Horaires d’ouverture :
Samedi 2 novembre : 11h – 23h30
Dimanche 3 novembre : 12h – 20h
Conférences, concert et bar accessible aux petites bourses. On aime danser.

Ça coûte combien ?
GRATUIT (le vin et les galettes sont payantes).

Quelles revues seront présentes ?
Artichaut
Audimat
Ballast
Le Chat Noir
Des faits
fig.
ICI BAZAR
Gros Gris
Revue Mâtin
Noto
Pan
Papier Machine
Pièce détachée
Revus et Corrigés
La Ronde
Spasme
Supersub
Temple Magazine
Zadig

Pour la deuxième année consécutive, L’Allume-Feu donne rendez-vous à ses lecteurs au 29e Salon de la revue, les 12 et 13 octobre à Paris, dans la Halle des Blancs Manteaux.

Parmi les 200 exposants réunis ce weekend : les revues Diacritik, Jef Klak, La Moitié du fourbi, Papier Machine ou encore Spasme, dont le dernier numéro est sorti cette semaine.

Deux jours durant, le 29e salon de la revue accueillera débats, animations et rencontres. Le samedi 12 octobre à 15h, deux membres de L’Allume-Feu prendront ainsi part à une table ronde avec Spasme. Le thème : choisir une ligne éditoriale.

Pour l’ouverture du Salon, une nocturne est organisée ce vendredi en hommage à la mythique revue d’avant-garde littéraire Java. Une soirée à ne manquer sous aucun prétexte !

Retrouvez l’intégralité du programme sur le site d’Ent’revues, ainsi que la liste des exposants du Salon de la revue.

Le 29e Salon de la revue est organisé par Ent’revues.

 

Adresse :

Halle des Blancs Manteaux
48, rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris

Horaires :

 

SÉROTONINE – MICHEL HOUELLEBECQ – Roman – 2019 – France

Pour qui apprécie l’œuvre de Houellebecq, Sérotonine devait figurer en bonne place parmi les livres à lire en ce début d’année. Les critiques ont été nombreuses et la nécessité de rajouter quelques lignes aux milliers déjà écrites peut sembler navrante, mais c’est bien là le principe.

Navrant, c’est peut-être Houellebecq qui l’est aussi en premier chef. L’énergumène est connu, il a ses marottes et ses manies cochonnes, Sérotonine n’en est pas dépourvue. L’amour, le bonheur, la sexualité, l’effondrement de la civilisation occidentale, Houellebecq demeure fidèle à lui-même… A ce titre, Soumission – son précédent roman – avait au moins la saveur d’une fable politique où éclatait l’acuité remarquable de l’auteur à saisir l’Histoire en train de se faire. Il y défendait l’idée d’une société où le religieux venait se placer au-dessus du politique ; ordre verticale absolument indispensable pour assurer le bien commun et la transcendance. Avec force et originalité, il formulait une réponse au monde libéral et libertaire au sein duquel nos vies sont privées de sens.

Dans Sérotonine au contraire, et allant contre son intuition dernière, Houellebecq assiste et décrit la chute de l’Occident avec le plus parfait calme ou plutôt avec la détermination froide de celui qui, à grand renfort d’alcool et de médicaments, veut plonger et s’anéantir avec un monde dégringolant qui ne lui convient pas.

Ce monde, c’est celui d’une France qui piétine ses traditions, qui vandalise ses villes et anéanti ses campagnes au bord de la révolte comme de la faillite. Ce monde c’est aussi celui des échecs, de l’amour comme des idéaux de jeunesses où la dissolution du lien social est achevée et la victoire des super structures supra étatiques totale. C’est un monde où les égoïsmes individuels ont triomphé avec le constat évident que le bonheur est mort. Cette théorie, ressassée bien qu’irréfutable, est incarnée par Houellebecq et son double romanesque, Florent-Claude Labrouste.

Ainsi, tout au long du roman, l’homme qui s’est fait double, vagabonde. Puisque la sexualité comme la société sont décadentes, son personnage se coupe de l’un comme de l’autre, sillonnant la campagne et se shootant aux cachetons et au calva. Les femmes qui ne méritent d’être aimés que dans la mesure où elles servent ses désirs sont jugées à l’aune de leur inconséquence. L’athéisme est douloureux mais il est accepté sans révolte. Les événements dramatiques suivent leur cours mais s’y opposer est vain car l’Histoire est inéluctable. Sans aspiration, l’homme n’a plus qu’à végéter sans but et sans volonté ; au moins le désespoir se tient à un seuil tolérable.

Voilà l’idée de Houellebecq, témoin parfait de cet égoïsme et de cette abdication, qui, il faut bien le dire, n’est néanmoins absolument pas dépourvu de discernement et de prescience. Pour Houellebecq, on ne s’oppose pas à l’effondrement du monde, on le décrit. Est-ce le choix de la lâcheté ou de la plus parfaite lucidité ? Chacun se fera son opinion. Pour notre part, nous pensons que cet écrivain, terriblement de son époque, est tout à la fois un cancer symptomatique et l’artisan efficace de cette destruction en cours.

De là à crier au génie… Nous nous en abstiendrons pour cette fois.

 

Critique rédigée par Martin Valette.

LE DÉSEPÉRÉ – LÉON BLOY – Roman – 1887 – France

Léon Bloy fut ce chevalier du XIXème siècle, à l’âme purement catholique, à l’intransigeance légendaire, à la violence souveraine. A ce titre, lire Le Désespéré relève de l’épreuve ; traversée du désert dans laquelle éclate la solitude, de l’auteur comme du lecteur.

La solitude de Bloy s’explique : il « fait des livres qui vivront mais qui ne me font pas vivre ». Ainsi le pamphlétaire magnifique franchira le monde en clochard exalté, guerrier infatigable que jamais rien ne corrompra, refusant catégoriquement de transiger avec le principe qu’il s’est fixé : celui d’être un écrivain, celui donc de dire la Vérité.

La solitude du lecteur vient en revanche de la marée engloutissant son cœur, petit organe maltraité par les assauts répétés de l’auteur qui nous plante devant le visage le miroir de notre propre vacuité et du néant que représente une vie servile et molle, aux petites flammes comme aux petites passions. Comme il est dur d’être fort…

Et la force de Bloy tient tout autant à la rigueur de sa morale qu’à son style polémique étincelant ; un style Cathédrale, gothique et inspiré. Flamboyant ! Les mots se déchaînent avec rage dans ce roman aux arrêtes rocailleuses et au style complexe et redondant. Ereintant parce qu’il est de granit, c’est un glaive littéraire qui exhorte chacun à se forger une âme de feu ! Car il est bien question d’âme dans ce roman… Cette âme qui devrait être l’unique souci humain !

Au fil de ce roman pamphlet à forte tendance autobiographique, Léon Bloy grimé en Caïn Marchenoir va constater avec douleur que Dieu n’a pas tenu sa promesse, celle de tous nous sauver. Alors que la ruine du monde s’affiche totale et le silence du Ciel irrémédiable, une liaison mystique avec Véronique, une putain repentie, va peut-être sauver Marchenoir qui trouvera en cette martyre une possibilité de salut… Puisque l’Amour existe, l’espérance est permise.

Ce sera sans compter sur les hommes politiques, les pseudos intellectuels, les journalistes et autres boutiquiers de tous crins qui grouillent en mille coins, ignoblement affairés à leur petite tambouille de cafards. Ces porcs détruisent avec hargne et vigueur tout ce que l’univers compte de Beau, de Sublime et de Sacré. Suintant de toutes les fentes terrestres en fossoyeurs du monde, ils bradent, vandalisent, corrompent et prostituent tout !

Si les envolées spirituelles de Bloy/Marchenoir déchirent parfois le voile de ténèbres qui menace de tout recouvrir, il semble certain qu’une révolution contre la Médiocrité s’avèrera impossible tant elle trône désormais comme la plus impériale et la plus ultime des idoles. La nuit sera longue au royaume des lâches et des aveugles ; Bloy le mesure douloureusement. C’est pourquoi, en pèlerin de l’absolu, il erre, éternellement insatisfait… Définitivement désespéré.

L’ÎLE D’ARTURO – ELSA MORANTE – Roman – 1957 – Italie

L’Île d’Arturo, c’est la belle Procida qui trône sous le soleil, dans le golfe de Naples. Mais c’est aussi tout l’univers secret de l’enfance puis de l’adolescence. Orphelin d’une mère ayant pris le large à sa naissance et délaissé par un père trop souvent en voyage, Arturo profite de sa jeunesse absolument sauvage et solitaire. Il écume ses plages, observe la citadelle de son pénitencier, ses drôles de dames et ses hommes d’équipage. Et s’il embarque sur son torpilleur des Antilles avec Immacolatella, il finit toujours par revenir sur son île, dont il est roi comme l’été.

Alors il la parcourt avec les yeux de l’amour, il erre entre rêves, mythes et jeux : Poignard algérien, la bague de Minerve, Romeo l’Amalfitain et les colonnes d’Hercule… Il étudie aussi les plus insignes Grands Capitaines et se fait des promesses éternelles, des serments pour l’avenir. Il fomente de grands projets, conquêtes de territoires, rencontre avec la reine des femmes.. Et ainsi tous les jours, il se prépare, se dicte de nouvelles Certitudes Absolues, perce de nouveaux mystères de la vie et rassemble ses forces. Puis vient le grand départ.

LEURS ENFANTS APRÈS EUX – NICOLAS MATHIEU – Roman – 2018 – France

Le premier Kurt Cobain à la radio, les hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un t-shirt Waikiki, Lilian Thuram président du monde et dans les ZAC, des parkings comme des océans. Leurs enfants après eux raconte quatre étés en huit-clos à Heillange, un trou perdu, quelque part dans l’Est de la France. Dans cette France de l’entre-deux, les vies d’Anthony, de Hacine et de Steph s’entrelacent. Les bourges, les prolos et les cassos, les blacks, les blancs et les beurs, tous partagent le même désir : foutre le camp. A tout prix, ne pas accepter une vie au rabais. Leurs conneries et leurs rivalités prennent corps au bord d’un lac noir ; leurs premières amours, dans des fourrés à siroter de la vodka pure.

L’espace-temps créé par Nicolas Mathieu est d’une vérité déconcertante. Si bien que ce paysage pique au cœur les amoureux de la question territoriale ; les fascinés des grands ensembles et de la France désindustrialisée. Ceux-là mêmes qui vibrent au son des cinq lettres D.A.T.A.R et se complaisent dans une nostalgie morbide pour l’inerte : le territoire. Fascination pour le poids du milieu sur le destin de l’humain.

Pourtant, il serait réducteur de résumer Leurs enfants après eux à une nouvelle démonstration du déterminisme ou une fascination pour la question territoriale. Nicolas Mathieu ne parle pas seulement d’un espace; il parle des hommes qui l’habitent. Le milieu qu’il décrit ne vient pas s’effondrer sur ses personnages. Ce sont eux qui, dans un sentiment d’appartenance actif, s’imprègnent des choses, de l’air, des ordres, des routes, des voisins. Cette appartenance active n’est pas leur choix ; c’est une force, quasi-inexorable et tragique, qui meut les hommes dans une direction déjà écrite. La pleine conscience de cette force entretiendra la colère sourde d’Anthony, de Hacine et de tous les autres. C’est cette même conscience qui éveillera en eux une fureur de vivre et de partir. Une fureur qui accouche de diagonales à pleine vitesse, tracées par Hacine en go-fast depuis le Maroc, et par Anthony les cuisses en feu sur sa moto.

Derrière ce cadre social, il y a un mouvement plus grand. Il y a une histoire d’humains en construction, l’histoire de leurs rêves et de leurs désillusions. Pour notre plus grand bonheur, Leurs enfants après eux n’est pas une fresque sociale et historique ou pire, un livre nostalgique. C’est une œuvre qui a un goût d’universel et d’atemporel. Une queue de cheval en juillet, les coudes qui ressemblent à des fruits secs et la qualité de la lumière : l’écriture de Nicolas Mathieu extrait de la vie un peu de son essence. Elle nous raconte ce qui fait l’adolescence : les émois du corps, les élans sans filet, le parfum du goudron. L’écriture colle à la perception que les personnages ont du réel et parvient à mettre au même niveau la tristesse d’une danse qui finit déjà et l’alcoolisme d’un père.

Enfin, bien qu’omniscient, Nicolas Mathieu ne décortique pas ses personnages. Il les traite avec beaucoup de pudeur et ne partage d’eux qu’une seule chose: leur imprévisibilité (doux cadeau). Ils n’ont pas de plan pour leur fin de soirée, ni pour demain, ni pour après. On avance au rythme de leurs décisions impulsives et irréfléchies, qu’elles s’imposent à eux ou qu’ils se les imposent à eux-mêmes. C’est précisément pour cette raison qu’on les aime, qu’on se sent proches d’eux ; parce qu’ils ne prévoient pas comment faire. Cette imprévisibilité qui les habite et les caractérise, le lecteur s’en empare aussitôt. Parce que ne pas savoir, ou plutôt reconnaître qu’on ne sait pas, devient gage de sincérité pour nous, lecteurs. Alors on colle aux basques d’Anthony, on reste en corps à corps avec Hacine.

Leurs enfants après eux est sans doute un drame. Il y a du drame dans les échecs, dans les frustrations. A force, il y a du drame, aussi, dans leurs élans. C’est peut-être ce qu’ils appellent « grandir » : s’élancer malgré le drame.

Iman Ahmed Mohamed

Chers lecteurs du Sud, l’Allume-Feu vous salue ! L’Allume-Feu se déplacera à Toulon pour rencontrer ses lecteurs à l’occasion de la Fête du livre du Var, les 16, 17 et 18 novembre 2018.

La 21e Fête du livre, un événement culturel majeur varois

Créée en 1990, la Fête du livre du Var propose au public de venir découvrir les nouveautés littéraires de l’année. Romans, livres d’art, BD, l’événement rassemble la grande famille des amoureux de lecture. Plus de 200 auteurs seront également présents pour échanger.

Vous habitez dans le Var ? Le Prix des lecteurs vous est ouvert ! Jusqu’au 11 octobre, votez pour l’un des six ouvrages proposés (3 romans adultes, 3 romans jeunesse). Le Prix sera remis durant le salon.

Organisé par le département du Var, l’événement vise à soutenir les libraires et faire rayonner la culture sur son territoire. Vous retrouverez notamment les librairies qui distribuent l’Allume-Feu à Toulon.

Amis lecteurs, rendez-vous sur la place d’Armes dans quelques semaines pour découvrir notre numéro Un : le Feu !

 

Informations pratiques :

Fête du livre du Var, les 16, 17 et 18 novembre 2018

Place d’Armes

83000 Toulon

« Novembre est un beau mois. Mais il faut aimer le gris. Et l’oeil en saisir la lumière. » Gilles Vigneault irait sûrement chercher la lumière au 28e Salon de la revue, les 9,10 et 11 novembre 2018 à Paris.

900 revues, de l’Allume-Feu aux Xérographes

Cette année, près de 180 stands seront présents à la halle des Blancs Manteaux. Le public pourra retrouver ou découvrir près de 900 titres, dont l’Allume-Feu qui participe au salon pour la première fois. La liste des exposants et des revues est disponible ici.

À ne pas manquer : les animations pour les amoureux de littérature ou professionnels de l’édition. Trente débats, tables rondes et lectures animeront le week-end. Parmi celles-ci, une soirée dédiée à Guillaume Apollinaire sera organisée le vendredi soir à 20h30. Retrouvez l’intégralité du programme du salon ici.

Amis lecteurs, l’Allume-Feu est impatient de vous retrouver au salon des revues. Curieux du jour, venez nous rencontrer et faire connaissance avec notre numéro un : le Feu !

Le 28e Salon de la revue est organisé par Ent’revue.


Comment se rendre au Salon de la revue ?

Halle des Blancs Manteaux

48, rue Vieille-du-Temple

75004 Paris

Métros Hôtel de Ville, Saint-Paul ou Rambuteau

Quels sont les horaires ?

 

Le dimanche 21 octobre, le Marché des Grands Voisins organise à nouveau sa brocante mensuelle dans les cours de l’ancien hôpital Saint-Paul à Paris.

Une revue à découvrir aux Grands Voisins

De 10 heures à 19 heures, curieux et oisifs retrouveront biffins et chineurs de la capitale, sans oublier les nombreux stands d’artistes et d’artisans qui exposeront leurs créations. Une journée idéale pour partager, échanger et – qui sait ? – faire des achats imprévus…

L’Allume-Feu sera une nouvelle fois de la partie !  Venez nous rencontrer et découvrir le Numéro Un de L’Allume-Feu, fraîchement sortis des presses de Studio Fidèle, imprimerie située sur le site des Grands Voisins.

Amis flâneurs, nous vous attendons pour un dimanche familial et convivial.