L’ÎLE D’ARTURO – ELSA MORANTE – Roman – 1957 – Italie

L’Île d’Arturo, c’est la belle Procida qui trône sous le soleil, dans le golfe de Naples. Mais c’est aussi tout l’univers secret de l’enfance puis de l’adolescence. Orphelin d’une mère ayant pris le large à sa naissance et délaissé par un père trop souvent en voyage, Arturo profite de sa jeunesse absolument sauvage et solitaire. Il écume ses plages, observe la citadelle de son pénitencier, ses drôles de dames et ses hommes d’équipage. Et s’il embarque sur son torpilleur des Antilles avec Immacolatella, il finit toujours par revenir sur son île, dont il est roi comme l’été.

Alors il la parcourt avec les yeux de l’amour, il erre entre rêves, mythes et jeux : Poignard algérien, la bague de Minerve, Romeo l’Amalfitain et les colonnes d’Hercule… Il étudie aussi les plus insignes Grands Capitaines et se fait des promesses éternelles, des serments pour l’avenir. Il fomente de grands projets, conquêtes de territoires, rencontre avec la reine des femmes.. Et ainsi tous les jours, il se prépare, se dicte de nouvelles Certitudes Absolues, perce de nouveaux mystères de la vie et rassemble ses forces. Puis vient le grand départ.

LEURS ENFANTS APRÈS EUX – NICOLAS MATHIEU – Roman – 2018 – France

Le premier Kurt Cobain à la radio, les hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un t-shirt Waikiki, Lilian Thuram président du monde et dans les ZAC, des parkings comme des océans. Leurs enfants après eux raconte quatre étés en huit-clos à Heillange, un trou perdu, quelque part dans l’Est de la France. Dans cette France de l’entre-deux, les vies d’Anthony, de Hacine et de Steph s’entrelacent. Les bourges, les prolos et les cassos, les blacks, les blancs et les beurs, tous partagent le même désir : foutre le camp. A tout prix, ne pas accepter une vie au rabais. Leurs conneries et leurs rivalités prennent corps au bord d’un lac noir ; leurs premières amours, dans des fourrés à siroter de la vodka pure.

L’espace-temps créé par Nicolas Mathieu est d’une vérité déconcertante. Si bien que ce paysage pique au cœur les amoureux de la question territoriale ; les fascinés des grands ensembles et de la France désindustrialisée. Ceux-là mêmes qui vibrent au son des cinq lettres D.A.T.A.R et se complaisent dans une nostalgie morbide pour l’inerte : le territoire. Fascination pour le poids du milieu sur le destin de l’humain.

Pourtant, il serait réducteur de résumer Leurs enfants après eux à une nouvelle démonstration du déterminisme ou une fascination pour la question territoriale. Nicolas Mathieu ne parle pas seulement d’un espace; il parle des hommes qui l’habitent. Le milieu qu’il décrit ne vient pas s’effondrer sur ses personnages. Ce sont eux qui, dans un sentiment d’appartenance actif, s’imprègnent des choses, de l’air, des ordres, des routes, des voisins. Cette appartenance active n’est pas leur choix ; c’est une force, quasi-inexorable et tragique, qui meut les hommes dans une direction déjà écrite. La pleine conscience de cette force entretiendra la colère sourde d’Anthony, de Hacine et de tous les autres. C’est cette même conscience qui éveillera en eux une fureur de vivre et de partir. Une fureur qui accouche de diagonales à pleine vitesse, tracées par Hacine en go-fast depuis le Maroc, et par Anthony les cuisses en feu sur sa moto.

Derrière ce cadre social, il y a un mouvement plus grand. Il y a une histoire d’humains en construction, l’histoire de leurs rêves et de leurs désillusions. Pour notre plus grand bonheur, Leurs enfants après eux n’est pas une fresque sociale et historique ou pire, un livre nostalgique. C’est une œuvre qui a un goût d’universel et d’atemporel. Une queue de cheval en juillet, les coudes qui ressemblent à des fruits secs et la qualité de la lumière : l’écriture de Nicolas Mathieu extrait de la vie un peu de son essence. Elle nous raconte ce qui fait l’adolescence : les émois du corps, les élans sans filet, le parfum du goudron. L’écriture colle à la perception que les personnages ont du réel et parvient à mettre au même niveau la tristesse d’une danse qui finit déjà et l’alcoolisme d’un père.

Enfin, bien qu’omniscient, Nicolas Mathieu ne décortique pas ses personnages. Il les traite avec beaucoup de pudeur et ne partage d’eux qu’une seule chose: leur imprévisibilité (doux cadeau). Ils n’ont pas de plan pour leur fin de soirée, ni pour demain, ni pour après. On avance au rythme de leurs décisions impulsives et irréfléchies, qu’elles s’imposent à eux ou qu’ils se les imposent à eux-mêmes. C’est précisément pour cette raison qu’on les aime, qu’on se sent proches d’eux ; parce qu’ils ne prévoient pas comment faire. Cette imprévisibilité qui les habite et les caractérise, le lecteur s’en empare aussitôt. Parce que ne pas savoir, ou plutôt reconnaître qu’on ne sait pas, devient gage de sincérité pour nous, lecteurs. Alors on colle aux basques d’Anthony, on reste en corps à corps avec Hacine.

Leurs enfants après eux est sans doute un drame. Il y a du drame dans les échecs, dans les frustrations. A force, il y a du drame, aussi, dans leurs élans. C’est peut-être ce qu’ils appellent « grandir » : s’élancer malgré le drame.

Iman Ahmed Mohamed

Chers lecteurs du Sud, l’Allume-Feu vous salue ! L’Allume-Feu se déplacera à Toulon pour rencontrer ses lecteurs à l’occasion de la Fête du livre du Var, les 16, 17 et 18 novembre 2018.

La 21e Fête du livre, un événement culturel majeur varois

Créée en 1990, la Fête du livre du Var propose au public de venir découvrir les nouveautés littéraires de l’année. Romans, livres d’art, BD, l’événement rassemble la grande famille des amoureux de lecture. Plus de 200 auteurs seront également présents pour échanger.

Vous habitez dans le Var ? Le Prix des lecteurs vous est ouvert ! Jusqu’au 11 octobre, votez pour l’un des six ouvrages proposés (3 romans adultes, 3 romans jeunesse). Le Prix sera remis durant le salon.

Organisé par le département du Var, l’événement vise à soutenir les libraires et faire rayonner la culture sur son territoire. Vous retrouverez notamment les librairies qui distribuent l’Allume-Feu à Toulon.

Amis lecteurs, rendez-vous sur la place d’Armes dans quelques semaines pour découvrir notre numéro Un : le Feu !

 

Informations pratiques :

Fête du livre du Var, les 16, 17 et 18 novembre 2018

Place d’Armes

83000 Toulon

« Novembre est un beau mois. Mais il faut aimer le gris. Et l’oeil en saisir la lumière. » Gilles Vigneault irait sûrement chercher la lumière au 28e Salon de la revue, les 9,10 et 11 novembre 2018 à Paris.

900 revues, de l’Allume-Feu aux Xérographes

Cette année, près de 180 stands seront présents à la halle des Blancs Manteaux. Le public pourra retrouver ou découvrir près de 900 titres, dont l’Allume-Feu qui participe au salon pour la première fois. La liste des exposants et des revues est disponible ici.

À ne pas manquer : les animations pour les amoureux de littérature ou professionnels de l’édition. Trente débats, tables rondes et lectures animeront le week-end. Parmi celles-ci, une soirée dédiée à Guillaume Apollinaire sera organisée le vendredi soir à 20h30. Retrouvez l’intégralité du programme du salon ici.

Amis lecteurs, l’Allume-Feu est impatient de vous retrouver au salon des revues. Curieux du jour, venez nous rencontrer et faire connaissance avec notre numéro un : le Feu !

Le 28e Salon de la revue est organisé par Ent’revue.


Comment se rendre au Salon de la revue ?

Halle des Blancs Manteaux

48, rue Vieille-du-Temple

75004 Paris

Métros Hôtel de Ville, Saint-Paul ou Rambuteau

Quels sont les horaires ?

 

Le dimanche 21 octobre, le Marché des Grands Voisins organise à nouveau sa brocante mensuelle dans les cours de l’ancien hôpital Saint-Paul à Paris.

Une revue à découvrir aux Grands Voisins

De 10 heures à 19 heures, curieux et oisifs retrouveront biffins et chineurs de la capitale, sans oublier les nombreux stands d’artistes et d’artisans qui exposeront leurs créations. Une journée idéale pour partager, échanger et – qui sait ? – faire des achats imprévus…

L’Allume-Feu sera une nouvelle fois de la partie !  Venez nous rencontrer et découvrir le Numéro Un de L’Allume-Feu, fraîchement sortis des presses de Studio Fidèle, imprimerie située sur le site des Grands Voisins.

Amis flâneurs, nous vous attendons pour un dimanche familial et convivial.

Que faire à Paris un vendredi 19 octobre ?

L’Allume-Feu invite amoureux de littérature et curieux en tout genre à fêter le lancement de son Numéro 1 « Le Feu », aux Blouses Blanches à partir de 19h30.

 

À retrouver dans ce numéro

Après son Numéro 0 sur le thème de « l’Insolence » paru en juin 2018, l’Allume-Feu souffle à nouveau sur les braises de la littérature francophone. Au programme de ce nouveau numéro : poésies, nouvelles, théâtre, fable et carnet de voyage. Au total, une vingtaine de textes ont été publiés, sans oublier les cahiers libres, à retrouver en fin de revue.

Fidèle à sa vocation, ce numéro de l’Allume-Feu place à nouveau de jeunes auteurs aux côtés d’écrivains confirmés.

Les illustrations de Benjamin Caron et Beau Gabriel viendront égayer de leurs belles couleurs les 52 pages de ce numéro.

 

Un nouvel imprimeur

L’impression de la revue – toujours en risographie – a été prise en charge par Studio Fidèle. Situé aux Grands Voisins à Paris, ce studio possède également une maison d’édition, à retrouver ici. L’occasion rêvée pour développer de nouveaux projets dont certains sont déjà en réflexion. Avec cette jeune imprimerie, l’Allume-Feu fait le pari de collaborer avec des acteurs locaux de l’édition, tout en conservant une haute qualité d’impression.

Alors, amis lecteurs, à vendredi !

Informations pratiques :

Les Blouses Blanches

186 rue du faubourg Saint-Antoine
75012 Paris

 

Le numéro 1 : le Feu sera vendu au prix unitaire de 7€. Des offres d’abonnements seront également disponibles.